Itinéraire de pommes pas gatées

moimochetbon_1200x627Entre histoire de potes et de pommes, Moi, moche et bon se veut un écosystème local et anti gaspi. Récit autour d’un fruit pas vraiment gâté transformé en un délicieux jus artisanal et naturel et arrivé au marché frais de Stéphane Biot.

Ben oui, je suis moche…et alors ? C’est grâce à ce physique peu flatteur que je me suis retrouvée au marché frais. Et aussi grâce à une bande de potes, oui, oui, ceux qui sont en photo là ! Séverin, Jérémy, Thomas et Baptiste ont entre 20 et 25 ans et la tête pleine d’idées pas moches du tout : bâtir un écosystème local en ayant un impact positif sur le gaspillage alimentaire. Ils ont décidé de récupérer chez les producteurs les fruits trop moches pour être vendus en l’état comme moi et de les revaloriser en les transformant en quelque chose de bon. Pour ça, ils se sont entourés d’autres pros de l’agriculture, la transformation et l’embouteillage. Eh oui, à chacun son job ! A nos entrepreneurs celui de vendre mon jus avec une vraie histoire, sans tricher. Et, il faut reconnaître que ça fonctionne pas mal depuis un certain Salon de l’Habitat strasbourgeois début 2015 où ils tenaient la buvette : de 1000 bouteilles vendues cette année-là, ils sont passés à 25000 en 2016. Avec la ferme intention de ne pas s’arrêter là…

Dans le jus et sur la bonne voie

Mes quatre potes entrepreneurs ont une vision bien précise de ce qu’ils veulent : que je sois produite via une agriculture raisonnée, achetée au prix juste et sans discuter à celui qui me fait grandir et lui offrir la possibilité de vendre mes frères et sœurs fruitiers plus loin tout en restant dans la vente directe. On peut dire qu’elle a du mérite, cette équipe de « logisticiens de l’anti-gaspi » : parfois, il faut savoir prendre des décisions sans savoir si ça va marcher. Savoir accompagner les changements qui s’amorcent au niveau de la distribution. Quand quelqu’un vient de goûter mon jus et que les garçons sentent que la démarche est comprise, là, ils savent qu’ils sont sur la bonne voie :).

Des pommes, des pommes, rien que des pommes

Bon, revenons à ma pomme…Comme on est en Alsace et qu’ils voulaient donner une dimension locale à leur projet, c’est sur moi que s’est porté leur choix. Mais qui dit moche ne dit pas sans goût. Parce que comme je suis une variété de table (à croquer, quoi !), je suis de qualité et pleine de saveur. Du coup, on peut jouer à fond sur le naturel. Dans ma bouteille, il n’y a que moi : ni sucre ajouté, ni additif, ni conservateur, ni colorant. Si vous trouvez mon jus sucré, cela vient uniquement de ma variété. C’est aussi pour ça qu’il faut vite me presser après la récolte car au fil du temps, je me charge en sucre et ça, vous n’aimez pas vraiment, vous, les consommateurs.

Pas la peine de chercher pourquoi Stéphane Biot est devenu leur client…et même un peu plus que ça, lui qui leur fait souvent profiter de ses bons conseils. Respect, confiance, volonté de faire bouger les choses, un produit simple et bon : au marché frais, ils adorent ! Moi qui ai commencé moche, je me sens soudain si belle :).

Photos : Moi, moche et bon

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